Article hebdomadaire
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L’art de la communication pacifique. 1
Les mots sont porteurs de sens, les silences, les regards et les gestes aussi…
Une des particularités les plus merveilleuses de l’espèce humaine, c’est sa capacité à communiquer, chose que les êtres humains peuvent faire de façon très raffinée mais aussi de façon très violente.
La communication dans notre monde est une vaste étoffe où la variété et la qualité s’entremêlent en des nuances où les tonalités et les couleurs peuvent être très motivantes, émouvantes et malheureusement parfois même tristes à contempler.
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S’il est vrai que l’art dans toute sa subtilité est « communication », les poings d’un agresseur sur le visage de sa victime ne le sont-ils pas également ?
Mais si notre monde a du mal à communiquer, il en souffre très certainement.
La qualité dans la communication ne veut pas dire, comme on a parfois tendance à le croire de façon très simpliste à propos de notre époque, une surabondance d’informations et de technologie.
Afin d’être la source d’une communication réellement positive, pacifique et créative, il nous faut réfléchir sur les différents paramètres de la communication.
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Une des questions que l’on est amené à se poser est : qu’est-ce que je veux vraiment communiquer et quelle est la teneur de ce que je communique en réalité ?
Nous mesurons l’importance qu’a l’impact que nous exerçons et nous sommes déjà entraînés culturellement à prêter attention à notre tenue vestimentaire et notre apparence physique.
Par contre, qu’en est-il de l’impact émotionnel que nous avons sur les autres et que les autres ont sur nous ?
Car le plus essentiel et le plus subtil des messages, s’il est transmis par une personne en colère, ne pourra pas être perçu dans sa subtilité. Il éveillera chez le récepteur une réaction négative, non pas vis-à-vis du contenu, mais de l’expérience dans son ensemble, du fait du transmetteur et, dans la majorité des cas, la personne, à cause de cet impact, ne sera pas capable d’entendre le message.
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Si nous ne sommes pas toujours maîtres de ce que nous vivons intérieurement ni des réactions émotionnelles que nous avons, comment pouvons-nous prétendre transmettre et communiquer de façon positive ?
A notre époque tout au moins, nous ne savons pas en tant qu’espèce et de façon générale, épurer notre communication des influences de la peur, de la colère ou de l’angoisse qui peuvent être nuisibles, puisque intérieurement, le plus souvent, nous ne savons pas comment la canaliser ou la gérer.
Quel impact ont mes soucis sur mon univers familial ou au niveau du travail ?
Il est communément reconnu pour ce qui est de l’éthique sur le plan du travail, qu’il faut laisser le travail au travail et ne pas y emporter ses relations personnelles. On sait cependant que pour un être normal, il est très difficile de se dissocier ainsi.
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Nous sommes responsables de ce que nous transmettons. Or, très souvent, nous sommes nous-mêmes tellement pris par notre propre vécu que, parfois, nous ne nous rendons compte, ni de la teneur émotionnelle, ni du contenu de ce que nous transmettons.
Parce que nous n’en sommes pas toujours pleinement conscients, dès que nous perdons de vue la relation, que moi l’émetteur je maintiens avec moi-même, dès que mes yeux se ferment sur ce segment tellement important de la réalité, je me laisse aller à dire et faire ce qui me passe par l’esprit, mais cela ne garantit pas que mes interventions aient un effet positif.
Je dois donc, pour transmettre quelque chose de positif, m’assurer que mon état d’esprit et mon attitude sont positifs, ouverts et non inquiets, indécis ou apeurés.
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Dans la somme de messages et d’informations dont nous sommes le récepteur, que voulons-nous lire, que recherchons-nous et que trouvons-nous ?
Dans la communication avec nos proches, souvent nous ressentons de l’affection ou quand au contraire nous nous sentons irrités, nous pouvons alors communiquer agressivement, bien qu’intérieurement nous n’ayons pas consciemment décidé de faire du mal autour de nous.
C’est pour cela qu’un des outils importants de la communication pacifique est de savoir admettre et reconnaître nos propres réactions émotionnelles mais aussi celles des autres, afin d’avoir ensuite le pouvoir de choisir d’être ou non sous leur influence.
Cependant, lorsque l’on croit ne véhiculer aucun sentiment en particulier, on transmet tout de même tout un contexte qui nous est propre, l’analyse et la perception qu’on a de celui-ci.
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On peut se poser la question suivante : une information réellement objective sur des faits existe-t-elle ?
Et le croire ne nous rend-il pas la proie de la manipulation ?
Le simple fait de choisir de relater tel ou tel fait n’est pas non plus un choix anodin.
Même une machine est, de fait, pensée, inventée, conçue, programmée par un esprit humain dont les intentions sont partiales et à des fins qui sont elles-mêmes partiales.
Or le récepteur, l’écouteur, questionne-t- il et filtre-t-il le message reçu ou l’intègre-t-il et si oui, comment ?
Nous ne sommes guère entraînés à décrypter les messages reçus et nous les assimilons parfois de façon plus ou moins primaire, sans les adapter à notre propre perception de la réalité ou à nos propres objectifs.
Savons-nous prendre et laisser ? Sommes-nous entraînés à discriminer quand nous savons maintenant que la somme d’informations à laquelle un être humain est aujourd’hui exposé est telle que la capacité de filtrer n’est pas assez développée ?
Si on parle du « libre choix » comme étant un droit face à l’information, les enfants, étant aujourd’hui parmi les premières cibles de la technologie publicitaire, ont-ils le pouvoir d’exercer un choix ?
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Dans la mesure où les capacités de discernement et discrimination du récepteur sont faibles, l’information est reçue à un niveau grossier et peu analysé et raffiné.
Il est relativement courant d’entendre de la part de certains délinquants que les actes de violence qu’ils ont perpétrés ont été inspirés par tel film ou telle série télévisée.
Chacun d’entre nous étant responsable en tant qu’informé, peut se poser la question : « suis-je capable de mesurer en terme de positivité ou d’acquis ce que m’apporte ce que je regarde et que j’écoute ? «
Si nous écoutons avec nos oreilles, c’est la raison qui entend ; si ce sont nos yeux qui voient, c’est l’esprit qui perçoit et la conscience qui ressent.
On pourrait donc, dans les programmes d’éducation, se pencher davantage sur le développement de toutes ces capacités.
Au résultat des tests d’écoute dans des formations sur l’apprentissage, il est prouvé que l’on retient 10% de ce que l’on écoute et 60% de ce que l’on enseigne.
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Le cas de la violence domestique est un exemple très triste de l’incapacité des individus à se parler mais aussi à gérer leur ressenti, à écouter et avoir une attitude de détachement. Combien de fois, en travaillant avec des personnes victimes de violence, peut-on entendre ce commentaire : « je ne dis rien parce que si je parle, il (ou elle) pourrait se fâcher », où la crainte de la personne l’amène dans la relation à se maintenir dans un rôle de victime. Elle-même n’est alors plus capable de se voir comme ayant des droits dans la relation et dans sa vie, ni même de savoir, dans bien des cas, ce qu’elle désire réellement ?
Une communication responsable et paisible serait donc une communication réfléchie, intentionnée et consciente de la part de l’émetteur, et active de la part du récepteur. Où, émetteur comme récepteur comprennent et assument leurs propres besoins, projections, désirs et révisent à cette lumière la réalité de ce qui doit être vraiment communiqué.
D’autre part, la vision que l’on a de l’autre joue un très grand rôle dans la construction de barrages au niveau de la communication. A l’inverse, plus la personne possède l’art d’apprécier son interlocuteur (sans vouloir le manipuler égoïstement), plus l’échange est fluide et satisfaisant.
La responsabilité s’exprime donc lorsque j’ai conscience que ce que je communique peut créer beauté, souffrance ou vie en l’autre. Mais ce que je communique ne peut éveiller cela en l’autre que si réellement, à l’intérieur de moi-même, je sais me positionner…
Il faut vivre une expérience pour pouvoir la transmettre ; transmettre des idées subtiles qui peuvent donner naissance à un échange de qualité.